jeudi 1 février 2007

Article htr du 9 juin 2005

Patrick Bérod.
Photo: Danielle Emery Mayor
Patrick Bérod: «Un problème, les résidences secondaires»
Le Valais accueillera, du 14 au 16 juin à Zermatt, les délégués d’hotelleriesuisse pour leur assemblée générale. Une occasion de faire le point sur l’hôtellerie de ce canton touristique avec Patrick Bérod, directeur de l’Association hôtelière du Valais (AHV).


Quelles sont les préoccupations spécifiques de l’hôtellerie valaisanne?
Je ne sais pas s’il est spécifique à ce canton, mais le Valais a un sérieux problème avec les résidences secondaires. Si on le compare aux régions du Plateau ou aux grandes villes, le Valais propose une très grande qualité de vie. Il est donc très attrayant, ce qui contribue au développement de ces résidences au détriment de l’hôtellerie. Vu l’ampleur du phénomène, certaines communes, comme Zermatt et Saas Fee, ont dû prendre des mesures pour l’endiguer.

Que peut faire votre association pour résoudre un tant soit peu ce problème?
Elle ne peut pas faire grand chose, si ce n’est de recommander aux communes de prendre des mesures, telles que des lois limitatives.

Y a-t-il aussi d’autres préoccupations?
Oui, l’accès aux marchés des crédits bancaires. On constate, en effet, que seules les entreprises très saines et qui présentent un bon potentiel de développement obtiennent des crédits. Or, il y a toute une série d’hôtels, qui ne sont ni dans cette catégorie ni des moutons noirs et qui ne reçoivent pas le coup de pouce dont ils auraient besoin. Ce soutien pourrait prendre la forme de micro-crédits que devrait proposer la Société suisse de crédit hôtelier. Celle-ci devrait, je pense, offrir une part de capital-risque plus importante que celle offerte aujourd’hui.

L’état du parc hôtelier valaisan est-il satisfaisant?
Si l’on se place du côté de l’hôtelier, je dirais qu’il est satisfaisant, si l’on se place du côté du client, il ne le sera jamais assez. En fait, je crois que nous nous trouvons entre ces deux points de vue. Le manque de financement ne nous permet pas de faire plus, même si le besoin d’investir est permanent.

L’offre hôtelière valaisanne est-elle bien répartie dans le canton et correspond-elle à la demande?
Il faudrait faire une analyse par station pour répondre à cette question très complexe. Mais je dirais, à brûle-pourpoint, qu’on a suffisamment d’hôtels de prestige, quatre et cinq étoiles. Quant à l’offre des hôtels d’une, de deux et de trois étoiles, elle correspond aussi à la demande. Maintenant, si l’on regarde la répartition géographique dans le canton, on remarque que dans le Bas-Valais, la structure hôtelière n’est passuffisante, la manifestation du FOJE, cet hiver, l’a bien montré.

Quels sont les problèmes touchant la restauration qui vous préoccupent le plus?
La consommation d’alcool est un faux problème. Les restaurateurs ont montré qu’ils avaient suffisamment de créativité pour trouver des solutions satisfaisantes. Ce qui me préoccupe davantage, c’est le problème de la fumée. Je suis fondamentalement contre une loi réglementant cette question. Je pense que les restaurateurs et les hôteliers devraient prendre les devants en constituant de vrais endroits non-fumeurs. Je serais assez favorable à l’idée lancée par le président de Gastrovalais, François Gessler, de segmenter les établissements, en restaurants fumeurs, non-fumeurs et mixtes.

Comment voyez-vous l’avenir de l’hôtellerie du Haut-Plateau à la suite de la mise en faillite de l’Hôtel Crans-Ambassador?
L’Hôtel Crans-Ambassador est un établissement parmi d’autres. Ce qui m’inquiète, en revanche, c’est le grand nombre d’hôtels qui ferment leurs portes. Les autorités doivent trouver une solution, car si elles n’en trouvent pas, ce sera la mort de l’hôtellerie à Crans-Montana.

La simplification des structures est à l’ordre du jour. Est-ce que c’est aussi le cas pour les sections hôtelières valaisannes?
Ce printemps toutes les sociétés hôtelières de Saas ont fusionné. En deux ans, nous avons passé de quelque vingt sections à douze. Le Valais a donc fait son travail s’inspirant à la réorganisation de Valais Tourisme.

Quel bilan tirez-vous de vos dix premiers mois d’activité à la tête de l’AHV?
Un bilan très satisfaisant. Ainsi, avons-nous réussi à lancer les bases d’un centre de compétence pour l’hôtellerie valaisanne. Notre branche à une bonne représentation politico-économique. J’ai par ailleurs l’impression que l’on prête une oreille plus attentive aux milieux touristiques et que l’esprit de collaboration entre hôteliers s’est renforcé. Je crois donc que le temps s’annonce radieux pour l’hôtellerie valaisanne.

Quelles sont vos priorités?
Principalement, la mise en place de notre centre de compétence. Ce centre doit décharger les petites entreprises d’une partie des travaux administratifs, afin que leurs responsables puissent se consacrer à l’accueil du client. Pour ce faire, nous avons augmenté le budget, ce qui a permis de faire de mon poste une fonction à plein temps.
Cet article a été remanié pour la diffusion sur Internet. Vous trouverez sa version imprimée dans l’Hotel + tourismus revue No 23 du 9 juin 2005.

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